{"id":9282,"date":"2019-12-19T16:47:19","date_gmt":"2019-12-19T15:47:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fondationthalie.org\/fr\/?p=9282"},"modified":"2021-02-04T17:56:22","modified_gmt":"2021-02-04T16:56:22","slug":"land-languageagnes-thurnauer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archive.fondationthalie.org\/fr\/exposition\/border-par-agnes-thurnauer\/","title":{"rendered":"<i>Land &#038; Language<\/i> Agn\u00e8s Thurnauer"},"content":{"rendered":"<p><strong>Vernissage le jeudi 16 janvier, 18:00 &#8211; 21:00<br \/>\nCommissaire : Nathalie Guiot<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 1\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>La Fondation Thalie a le plaisir de pre\u0301senter <em>Land &amp; Language<\/em>, se\u0301rie de peintures d\u2019<strong>Agne\u0300s Thurnauer<\/strong> de\u0301bute\u0301e en 2016 et compose\u0301e de quatre variations. Ces \u0153uvres e\u0301minemment politiques sont inspire\u0301es par la crise migratoire a\u0300 laquelle nous sommes confronte\u0301s. \u00ab J\u2019ai e\u0301te\u0301 tre\u0300s marque\u0301e par ces images de franchissement&#8230; La frontie\u0300re est un lieu de crise. C\u2019est aussi le passage d\u2019une langue a\u0300 une autre \u00bb, confie l\u2019artiste dont l\u2019\u0153uvre toute entie\u0300re est affaire de perme\u0301abilite\u0301 et de dialogue entre les me\u0301diums, entre le texte et l\u2019image, entre le figuratif et le conceptuel.<\/p>\n<p><em>Land &amp; Language<\/em> fait e\u0301cho a\u0300 la grande peinture d\u2019histoire au sein de laquelle les anonymes ont pris la place des he\u0301ros. On pense au <em>Radeau de la Me\u0301duse<\/em> de The\u0301odore Ge\u0301ricault dont la composition en diagonale semble avoir inspire\u0301e celle de <em>Land &amp; Language<\/em> ou encore a\u0300 <em>Guernica<\/em> de Pablo Picasso qui, en 1937, de\u0301laisse la proble\u0301matique du peintre et son mode\u0300le dans l\u2019atelier pour se consacrer a\u0300 la peinture politique. L\u2019irruption de l\u2019actualite\u0301 dans le champ pictural enregistre les soubresauts de l\u2019Histoire dont l\u2019artiste se fait la traductrice, incarnant les tensions physiques et symboliques a\u0300 l\u2019\u0153uvre. Survient alors un \u00ab tableau de crise \u00bb a\u0300 la seconde puissance : la peinture qui est un surgissement permanent, re\u0301ve\u0300le dans son e\u0301lan un monde en crise.<\/p>\n<p>Sur une toile de tre\u0300s grand format, une imbrication chaotique de bras et de te\u0302tes d\u2019hommes et de femmes forme une chaine de solidarite\u0301 sans de\u0301but ni fin. Ce chaos humain pourrait faire e\u0301cho a\u0300 celui de la terrible se\u0301rie noire de Goya qu\u2019Agne\u0300s Thurnauer cite volontiers. \u00abCette se\u0301rie tre\u0300s puissante est forme\u0301e de blocs d\u2019images qui semblent avoir e\u0301te\u0301 comme de\u0301coupe\u0301es au ciseau et qui se te\u0301lescopent\u00bb, souligne t-elle. Cette sensation de te\u0301lescopage se retrouve dans <em>Land &amp; Language<\/em>. Le travail de de\u0301coupe des formes tre\u0300s matissien et la fluidite\u0301 du trait font e\u0301merger des blocs et des oce\u0301ans de couleur qui s\u2019entrechoquent comme sous l\u2019effet d\u2019un cataclysme. Les couleurs pures, applique\u0301es directement sorties du tube et les contrastes souvent stridents participent de me\u0302me a\u0300 traduire la violence de la situation des migrants mais aussi la pulsion de (sur)vie qui est a\u0300 l\u2019\u0153uvre dans cette que\u0302te vers un monde meilleur. Il s\u2019en de\u0301gage une e\u0301nergie incroyable. On distingue notamment dans cette foule anonyme en transit, le bras leve\u0301 d\u2019une femme, cet e\u0301le\u0301ment iconographique du soule\u0300vement qui fascine tant le philosophe Georges Didi-Huberman, tel aussi un lointain e\u0301cho a\u0300 la fameuse Liberte\u0301 de Delacroix, le lyrisme en moins. Pour autant, aucune identite\u0301 distincte ne s\u2019affirme. Les corps deviennent des pays, des territoires a\u0300 part entie\u0300re. Traverse\u0301e par de multiples tensions, la toile se transforme en une immense carte ge\u0301ographique en voie de recomposition.<\/p>\n<p>Les tableaux construits sur une trame de mots e\u0301crits par le poe\u0300te anglais Rod Mengham, participent a\u0300 cre\u0301er une cartographie mentale au sein de la peinture. Chez Agne\u0300s Thurnauer, le langage est pourvoyeur d\u2019espace.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Dans son \u0153uvre sculpturale <em>Matrice<\/em> constitue\u0301e de moules de lettres de l\u2019alphabet, les corps sont amene\u0301s a\u0300 circuler dans un espace a\u0300 la fois physique et symbolique. Dans l\u2019espace morcele\u0301 de <em>Land &amp; Language<\/em>, l\u2019inte\u0301gration de mots entre et dans les corps transforme la toile en un territoire mental dense et complexe. Les mots sont comme extraits de la chair et redeviennent conceptuels. Ils traversent et brouillent les frontie\u0300res. \u00ab La migration pose la question des corps et du langage, explique l\u2019artiste. Quand on se de\u0301place, on transporte aussi sa langue. Les corps deviennent les limites politiques et symboliques de la langue \u00bb. C\u2019est ainsi que se trouve pose\u0301e la question de l\u2019identite\u0301 et de la culture. Qu\u2019emporte-t-on avec soi lors d\u2019un exil ? Que reste-t-il de notre identite\u0301 passe\u0301e ? Comment \u00ab migrons \u00bb-nous d\u2019une langue a\u0300 une autre, d\u2019une culture a\u0300 une autre ? Quelles peuvent e\u0302tre les limites a\u0300 ces mouvements ? Dans le dernier tableau, les oce\u0301ans ont envahi la ge\u0301ographie de la toile et les mots de la langue forment une seule cartographie possible. Une petite Pre\u0301delle vient ponctuer l\u2019ensemble : il s\u2019agit du mot BORDER qui se de\u0301ploie sur deux formats, changeant de couleur quand on passe d\u2019une syllabe a\u0300 l\u2019autre.<\/p>\n<p>Dans ses \u0153uvres, Agne\u0300s Thurnauer sugge\u0300re souvent combien c\u2019est par le dialogue et les interactions que le monde advient. Et si la langue se\u0301pare les e\u0302tres, elle est aussi vecteur de liens. Migrer vers une autre culture peut s\u2019inscrire dans un mouvement d\u2019ouverture a\u0300 l\u2019Autre et de (re-)construction de Soi. Synonyme de de\u0301chirure et d\u2019abandon, parfois de repli sur Soi, l\u2019exil implique conjointement la possible conque\u0302te d\u2019un nouveau monde et d\u2019un autre Soi. Et c\u2019est bien la\u0300, en filigrane, ce que <em>Land &amp; Language<\/em> nous invite a\u0300 penser : une identite\u0301 e\u0301largie et enrichie, transfrontalie\u0300re, plurielle et multi-culturelle.<\/p>\n<p><em>Pauline Vidal<\/em><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><em><strong>Agne\u0300s Thurnauer<\/strong> est une artiste franco-suisse. Autodidacte en peinture, elle a rec\u0327u une formation<\/em><br \/>\n<em>de cine\u0301ma vide\u0301o a\u0300 l\u2019E\u0301cole Nationale Supe\u0301rieure des Arts De\u0301coratifs a\u0300 Paris. Son travail aborde la question du langage pictural, et met en \u0153uvre un espace ou\u0300 la figuration et l\u2019abstraction dialoguent pour donner naissance a\u0300 de nouvelles visions. E\u0301criture, matie\u0300re et cadrage sont autant de couleurs pour sa palette de peintre. Son travail re\u0301cent en volume est une extension de ce langage pictural en trois dimensions : comme dans ses tableaux, le regard circule entre les formes des lettres pour ge\u0301ne\u0301- rer a\u0300 chaque fois de nouvelles lectures. Pour Agne\u0300s Thurnauer, c\u2019est autant \u00ab le regardeur qui fait le tableau \u00bb que le tableau qui fait le regardeur. Son \u0153uvre active cette interface vivante \u2013 cette lecture re\u0301ciproque- entre l\u2019art et le spectateur. Agne\u0300s Thurnauer a expose\u0301 dans des muse\u0301es et centres d\u2019art internationaux (Centre Pompidou, Palais de Tokyo, CCCB Rio, SMAK Gent&#8230;). Ses \u0153uvres font partie de nombreuses collections prive\u0301es et publiques. Agne\u0300s Thurnauer est repre\u0301sente\u0301e par la Galerie Michel Rein (Paris-Bruxelles) et la Gandy gallery a\u0300 Bratislava.<\/em><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Informations pratiques<br \/>\n<\/strong>Exposition du vendredi 17 janvier au dimanche 8 mars 2020<br \/>\nDu mercredi au dimanche, de 14:00 a\u0300 18:00<br \/>\nL\u2019exposition sera exceptionnellement ferme\u0301e samedi 18 et dimanche 19 janvier 2020<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vernissage le jeudi 16 janvier, 18:00 &#8211; 21:00 Commissaire : Nathalie Guiot La Fondation Thalie a le plaisir de pre\u0301senter Land &amp; Language, se\u0301rie de peintures d\u2019Agne\u0300s Thurnauer de\u0301bute\u0301e en 2016 et compose\u0301e de quatre variations. Ces \u0153uvres e\u0301minemment politiques sont inspire\u0301es par la crise migratoire a\u0300 laquelle nous sommes confronte\u0301s. \u00ab J\u2019ai e\u0301te\u0301 tre\u0300s [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":9681,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[39],"tags":[180],"acf":[],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archive.fondationthalie.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9282"}],"collection":[{"href":"https:\/\/archive.fondationthalie.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archive.fondationthalie.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archive.fondationthalie.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archive.fondationthalie.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9282"}],"version-history":[{"count":55,"href":"https:\/\/archive.fondationthalie.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9282\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14218,"href":"https:\/\/archive.fondationthalie.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9282\/revisions\/14218"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archive.fondationthalie.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9681"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archive.fondationthalie.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9282"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archive.fondationthalie.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9282"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archive.fondationthalie.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9282"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}