{"id":1900,"date":"2017-11-02T19:38:55","date_gmt":"2017-11-02T18:38:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fondationthalie.org\/fr\/?p=1900"},"modified":"2021-02-04T16:33:56","modified_gmt":"2021-02-04T15:33:56","slug":"formation-une-piece-demmanuelle-huynh","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archive.fondationthalie.org\/fr\/hors-les-murs\/aide-a-la-production\/english-formation-by-emmanuelle-huynh\/","title":{"rendered":"<i>Formation<\/i> une pi\u00e8ce d&#8217;EMMANUELLE HUYNH"},"content":{"rendered":"<p>La Fondation Thalie co-produit \u00ab\u00a0Formation\u00a0\u00bb, nouvelle pi\u00e8ce de la chor\u00e9graphe et danseuse Emmanuelle Huynh<\/p>\n<p>Avec cette nouvelle pi\u00e8ce dans\u00e9e, Emmanuelle Huynh met en sc\u00e8ne quatre personnages, issus de quatre g\u00e9n\u00e9rations, dans cette sculpture-partition imagin\u00e9e par l\u2019artiste Nicolas Floc\u2019h.<\/p>\n<p>Le dispositif spatial, les textes de Pierre Guyotat et les corps r\u00e9v\u00e8lent ce qui se joue dans la transformation et m\u00e9taphorisent les pers\u00e9v\u00e9rances, acc\u00e9l\u00e9rations, efforts, chutes qui constituent l\u2019arch\u00e9ologie d\u2019une vie.<\/p>\n<p>A travers la pratique chor\u00e9graphique, Plateforme Mua produit des savoirs et des \u00e9motions qui permettent \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de se repenser, de se structurer diff\u00e9remment, d\u2019inventer&#8230; Par le prisme d\u2019Emmanuelle Huynh et de cette nouvelle pi\u00e8ce, le geste \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un th\u00e9\u00e2tre devient caisse de r\u00e9sonance dans l\u2019espace public.<\/p>\n<p>Conception\u00a0: Emmanuelle Huynh<br \/>\nSc\u00e9nographie Nicolas Floc\u2019h<br \/>\nSonographie et collaboration artistique\u00a0: Matthieu Doze<br \/>\nTextes Pierre Guyotat<br \/>\nProduction Plateforme Mua<\/p>\n<p>Dates\u00a0de repr\u00e9sentation\u00a0: les 27 et 28 novembre \u00e0 21h<br \/>\nTh\u00e9\u00e2tre de la Cit\u00e9 Internationale, Paris<br \/>\n(programme New Settings)<\/p>\n<p>Le 1er d\u00e9cembre \u00e0 20h30<br \/>\nLe Th\u00e9\u00e2tre \u2013 sc\u00e8ne nationale, Saint-Nazaire<\/p>\n<p><strong><br \/>\n<em>Entretien avec Emmanuelle Huynh, danseuse et chor\u00e9graphe<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Quelle est la gen\u00e8se de cette nouvelle pi\u00e8ce \u00ab\u00a0Formation\u00a0\u00bb\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Ce projet vient d\u2019une lecture de Pierre Guyotat. L\u2019auteur raconte comment entre 0 et 14 ans, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9 et form\u00e9, au milieu de la seconde guerre mondiale, \u00e0 travers son environnement au sens large, la nature, la religion, la guerre, ses lectures, son rapport \u00e0 sa famille, le toucher de ses parents\u2026Cette lecture f\u00fbt un choc pour moi\u00a0;<\/p>\n<p>J\u2019ai voulu mettre en sc\u00e8ne non seulement le texte lui m\u00eame mais aussi sa sonorit\u00e9; l\u2019\u00e9criture y est sublime et qu\u2019il soit possible de montrer par le corps, comment la vie elle-m\u00eame est une lente formation, avec des chutes, des acc\u00e9l\u00e9rations, des ralentissements, me semblait essentiel\u2026<\/p>\n<p>Avec Nicolas Floc\u2019h, sc\u00e9nographe de la pi\u00e8ce, nous avons r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 quel mat\u00e9riau utiliser pour m\u00e9taphoriser cette transformation\u00a0; nous avions pens\u00e9 d\u2019abord \u00e0 du caramel ou du latex (\u2026) nous avons essay\u00e9 des cordes. Nicolas ayant travaill\u00e9 avec des c\u00e2bles sous-marins pour une de ses r\u00e9centes expositions, mais cela ne fonctionnait pas\u00a0; j\u2019avais l\u2019impression d\u2019\u00eatre dans l\u2019art f\u00e9minin \u00e0 outrance. Cela n\u2019\u00e9tait pas ce que je souhaitais dire.<\/p>\n<p>Et puis, il m\u2019a propos\u00e9 des cannes en carbone, fines et longues, des modules qui permettent de construire des formes, avec des billes aimant\u00e9es aux extr\u00e9mit\u00e9s, qui permettent qu\u2019elles s\u2019accrochent entre elles, rejoignant l\u2019id\u00e9e d\u2019un mobile de Calder,,<\/p>\n<p>Et avec tr\u00e8s peu de gestes sur sc\u00e8ne, il est possible de reconfigurer de nouvelles formes constamment\u2026<\/p>\n<p>Un peu comme une vie peut tomber d\u2019un c\u00f4t\u00e9 ou d\u2019un autre et au bout d\u2019un temps, elle se reconfigure autrement que ce que vous aviez imagin\u00e9, c\u2019est une tr\u00e8s belle fa\u00e7on de faire espace, de m\u00e9taphoriser quelque chose qui se situe \u00e0 la fois du c\u00f4t\u00e9 du jeu et en m\u00eame temps d\u2019une construction (\u2026)<\/p>\n<p>La structure est plastiquement tr\u00e8s belle. Des corps de plusieurs \u00e2ges sont sur sc\u00e8ne comme une partition de vie. On y voit une enfant, un jeune homme, un homme et une femme \u00e2g\u00e9e, on peut imaginer que ces quatre \u00e2ges soient une seule et m\u00eame personne, et que les sexes changent, se compl\u00e8tent et se confondent, on peut aussi imaginer diff\u00e9rents liens familiaux entre ces personnages, ils sont ceux qui construisent cette sculpture partition, en perp\u00e9tuel mouvement\u2026<\/p>\n<p>Ils construisent des abris pour vivre, d\u2019abord au sol, etc..Puis on passe du sol \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9vation. C\u2019est tr\u00e8s \u00e9crit. Dans cette pi\u00e8ce, la sculpture est tr\u00e8s pr\u00e9sente. Il est donc n\u00e9cessaire d\u2019en sortir des formes int\u00e9ressantes\u2026A la fois une aire de jeux et la vie elle-m\u00eame que l\u2019on construit. Il y a un c\u00f4t\u00e9 polys\u00e9mique \u00e0 ces formes simples qui accompagnent les interpr\u00e8tes sur sc\u00e8ne\u00a0;<\/p>\n<p><strong><br \/>\nComment l\u2019\u00e9criture de Guyotat est-elle mise en sc\u00e8ne\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons enregistr\u00e9 des textes avec la collaboration de Matthieu Doze. Nous avons fait un atelier avec des jeunes com\u00e9diens du TNS, au cours duquel les textes ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s. Sur sc\u00e8ne, on les entend mais on ne voit personne, ils sont vraiment dans l\u2019espace mental du th\u00e9\u00e2tre et du spectateur. On utilise aussi \u00ab\u00a0le Livre\u00a0\u00bb (ed.Gallimard), c\u2019est un autre r\u00e9gime d\u2019\u00e9criture que le r\u00e9cit autobiographique de Formation, c\u2019est un texte-langue, qui quand tu l\u2019ouvres est incompr\u00e9hensible, mais se r\u00e9v\u00e8le quand il est vocalis\u00e9, C\u2019est un texte \u00e0 prof\u00e9rer pour \u00eatre intelligible.<\/p>\n<p>La danse est une sorte de danse contact, brutale, franche dans laquelle est vocif\u00e9r\u00e9 le texte.<\/p>\n<p>Toute une partie du travail de Guyotat est engag\u00e9 politiquement contre la guerre d\u2019Alg\u00e9rie, o\u00f9 il est lui-m\u00eame soldat, \u00e9crit et mis en prison \u00e0 cause de ses \u00e9crits, il milite apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie. Il se retrouve dans des situations politiques de r\u00e9sistance qui sont dans l\u2019\u00e9criture. Je voulais aussi partir vers cette \u00e9criture l\u00e0, comme un manifeste.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de la danse, de ce que peuvent les corps, il fallait qu\u2019il y ait un refrain comme pour ponctuer les cycles de vie, les quatre interpr\u00e8tes partent du fond du plateau et avancent dans une m\u00eame danse contact et o\u00f9 le protagoniste change \u00e0 chaque fois, par exemple Nuno Bizarro (l\u2019homme) qui est \u00e0 la fois port\u00e9 par les autres et emp\u00each\u00e9. Ensemble, ils se bousculent, tombent, luttent pour avancer, l\u2019autre aide mais fait aussi obstacle, comme une m\u00e9taphore d\u2019une vie \u00e0 construire.<\/p>\n<p>Un quatuor r\u00e9current, o\u00f9 l\u2019on fonctionne par sayn\u00e8tes, d\u2019abord, la femme \u00e2g\u00e9e avec l\u2019enfant, puis qui s\u2019en va laissant la place \u00e0 l\u2019homme mur avec l\u2019enfant, l\u2019image d\u2019un p\u00e8re qui guide, etc\u2026<\/p>\n<p><strong>Quelles sont vos attentes par rapport \u00e0 cette pi\u00e8ce ?<\/strong><\/p>\n<p>Bien s\u00fbr qu\u2019elle soit vue le plus possible. Qu\u2019elle me permette de rencontrer d\u2019autres personnes et que les gestes d\u2019extension (ateliers autour de la pi\u00e8ce), que nous construisons ensemble, m\u2019enseignent de nouvelles choses, pour \u00eatre enseignante et avoir dirig\u00e9 le centre chor\u00e9graphique national \u00e0 Angers , l\u2019enseignant est aussi enseign\u00e9, c\u2019est une situation r\u00e9versible permanente, c\u2019est une situation qui nous int\u00e9resse tous. Cette synergie l\u00e0 permet de se r\u00e9inventer. La danse est une position qui permet d\u2019interagir avec d\u2019autres savoirs. Comment se former pour se transformer est au c\u0153ur du sujet.<\/p>\n<p>Depuis septembre 2016, vous \u00eates Professeure dans le domaine de la chor\u00e9graphie, de la danse et de la performance \u00e0 l\u2019Ecole nationale des beaux-arts de\u00a0 Paris, quelle est votre mission\u00a0?<\/p>\n<p>Cela fait des ann\u00e9es que je me nourris du travail des artistes, j\u2019ai dirig\u00e9 une \u00e9cole et \u0153uvr\u00e9 \u00e0 la pens\u00e9e p\u00e9dagogique d\u2019un lieu. Le fait aussi d\u2019\u00eatre danseuse et chor\u00e9graphe a fait que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 choisie. Aujourd\u2019hui, je guide les \u00e9tudiants dans leur recherche, je les accompagne dans la construction de leur future pratique. C\u2019est tr\u00e8s r\u00e9g\u00e9n\u00e9rant.<\/p>\n<p><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Nathalie Guiot aux Beaux Arts de Paris, octobre 2017<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Biographie<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s des \u00e9tudes de philosophie et de danse, Emmanuelle Huynh b\u00e9n\u00e9ficie en 1994 d\u2019une bourse Villa M\u00e9dicis hors-les-murs pour un projet au Vi\u00eat Nam. A son retour, elle cr\u00e9e le solo <em>M\u00faa <\/em>qui inscrit la collaboration avec des artistes de champs diff\u00e9rents au coeur de son travail.<\/p>\n<p>Emmanuelle Huynh \u00e9labore des \u00e9critures chor\u00e9graphiques qui se renouvellent sans cesse, propres \u00e0 chaque projet :<\/p>\n<p><em>Distribution en cours <\/em>place un astrophysicien et sa recherche sur les trous noirs au centre de la danse (2000) <em>; Bord, tentative pour corps, textes et tables, <\/em>prof\u00e8re les textes de Christophe Tarkos sur et sous les tables de Nicolas Floc\u2019h (2001) <em>; A Vida Enorme\/\u00e9pisode 1 (2003) <\/em>diffuse un film imaginaire dont la bande son et l\u2019image (la danse) sont jou\u00e9es l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre.<\/p>\n<p>La musique de Xenakis g\u00e9n\u00e8re l\u2019architecture de la pi\u00e8ce chor\u00e9graphique <em>Cribles, l\u00e9gende chor\u00e9graphique pour 1000 danseurs<\/em>, cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Montpellier Danse en 2009. La m\u00eame ann\u00e9e, elle r\u00e9alise une partie de son projet de r\u00e9sidence Villa Kujoyama (Kyoto 2001), en composant <em>Shinbai<\/em>, <em>le vol de l<\/em><em>\u2019\u00e2me <\/em>avec une maitresse ikebana (art floral japonais) dans une sc\u00e9nographie de Nadia Lauro. Elle cr\u00e9e <em>Augures<\/em>, une pi\u00e8ce pour sept interpr\u00e8tes, en 2012 aux Rencontres chor\u00e9graphiques internationales de Seine-Saint-Denis et <em>Spiel<\/em>, un duo avec Akira Kasai, artiste but\u00f4 au Festival d\u2019Automne \u00e0 Paris en 2012.<\/p>\n<p>Emmanuelle Huynh dirige le Centre national de danse contemporaine (CNDC) \u00e0 Angers de f\u00e9vrier 2004 \u00e0 d\u00e9cembre 2012, et refonde l\u2019\u00e9cole, en cr\u00e9ant notamment un nouveau cursus, \u00ab Essais \u00bb, qui dispense alors un \u00ab master danse, cr\u00e9ation, performance \u00bb. Elle initie Schools, rencontres internationales des \u00e9coles de danse contemporaines et d\u2019art (2009, 2011, 2013), qui permet aux \u00e9coles de performer leur p\u00e9dagogie.<\/p>\n<p>Elle r\u00e9active la compagnie MUA en 2013 et continue son travail de cr\u00e9ation, d\u2019actions p\u00e9dagogiques diverses et de projets de coop\u00e9rations internationales et trans-disciplinaires.<\/p>\n<p>En octobre 2014 elle cr\u00e9e <em>T\u00d4ZAI !&#8230;<\/em>, pi\u00e8ce pour six danseurs et un rideau monumental, au Th\u00e9\u00e2tre Garonne \u00e0 Toulouse.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, sur les ann\u00e9es 2014-2015, suite \u00e0 l\u2019invitation des services culturels de l\u2019Ambassade de France \u00e0 New York, Emmanuelle Huynh, en collaboration avec Jocelyn Cottencin, met en oeuvre le projet <em>A taxi driver, an architect and the High Line<\/em>, un portrait de la ville de New York \u00e0 travers son architecture, ses espaces, ses habitants, compos\u00e9 de films portraits et d\u2019une performance.<\/p>\n<p>De 2014 \u00e0 2016, Emmanuelle Huynh est Ma\u00eetre-Assistant associ\u00e9e \u00e0 l\u2019Ecole Nationale Sup\u00e9rieure d\u2019Architecture de Nantes.<\/p>\n<p>Elle est nomm\u00e9e Professeure dans le domaine de la chor\u00e9graphie, de la danse et de la performance \u00e0 l\u2019Ecole nationale des beaux-arts de Paris \u00e0 partir de la rentr\u00e9e scolaire 2016-2017. \u00ab Formation \u00bb est la cr\u00e9ation 2017 \u00e0 partir du texte \u00e9ponyme de Pierre Guyotat.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Fondation Thalie co-produit \u00ab\u00a0Formation\u00a0\u00bb, nouvelle pi\u00e8ce de la chor\u00e9graphe et danseuse Emmanuelle Huynh Avec cette nouvelle pi\u00e8ce dans\u00e9e, Emmanuelle Huynh met en sc\u00e8ne quatre personnages, issus de quatre g\u00e9n\u00e9rations, dans cette sculpture-partition imagin\u00e9e par l\u2019artiste Nicolas Floc\u2019h. 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